14 personnes condamnées pour l’affaire Charlie Hebdo

Un tribunal français a condamné mercredi 14 personnes pour avoir contribué à la réalisation des attentats terroristes de 2015 contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et une épicerie casher, alors que la France cherchait à clore l’un des chapitres les plus douloureux de son histoire moderne.

Condamnés 5 ans après

Les trois jours de fusillades qui ont fait 17 morts en janvier 2015 ont marqué le début d’une série d’attentats terroristes qui feront des centaines de morts dans les années à venir et bouleverseront la vie quotidienne en France. Les trois hommes armés qui ont monté l’attaque contre Charlie Hebdo et l’épicier sont morts dans des affrontements avec la police de l’époque.

Mercredi, les juges de Paris ont prononcé des peines de prison à l’encontre d’un réseau de personnes accusées d’avoir aidé ces hommes. Trois personnes ont été condamnées par contumace, dont Hayat Boumeddiene, qui avait épousé l’un des tireurs lors d’une cérémonie religieuse avant les attentats.

Elle a été condamnée à 30 ans de prison pour appartenance à une organisation terroriste et financement du terrorisme. Mme Boumeddiene, que les procureurs ont décrite au tribunal comme une princesse d’État islamique, a fui vers la Syrie quelques jours avant les attentats. Elle est en fuite en raison d’un mandat d’arrêt international.

Ali Riza Polat, un franco-turc de 35 ans, a été condamné à la prison à vie pour complicité avec Amedy Coulibaly, le tireur qui a attaqué l’épicerie.

« Les juges ne doivent pas s’imprégner d’une certaine frustration de ne pas avoir pu poursuivre les véritables auteurs des attaques et transférer toutes ces frustrations sur M. Polat », a déclaré Antoine Van Rie, avocat de M. Polat. Il a déclaré qu’il ferait appel du verdict. Trois autres suspects ont été condamnés pour terrorisme. Sept autres accusés ont été reconnus coupables de crimes moins graves, comme l’appartenance à une entreprise criminelle.

Des procès dans un contexte particulier

Les cicatrices de l’attentat contre Charlie Hebdo continuent de se profiler en France. Les attaquants ont pris pour cible le journal après qu’il ait publié des caricatures contre le prophète Mahomet. Le massacre de sa salle de rédaction a transformé Charlie Hebdo en un symbole de la liberté d’expression et a été suivi d’un élan de solidarité alors que les gens du monde entier ont adopté le cri de ralliement « Je suis Charlie ».

Au début du procès, Charlie Hebdo a publié à nouveau les caricatures, ce qui a ravivé la colère des musulmans qui considèrent les représentations de Mahomet comme blasphématoires. Samuel Paty, un professeur de collège de 47 ans, a été décapité lors d’un attentat terroriste après avoir montré certaines des caricatures à sa classe dans le cadre d’une leçon sur la liberté d’expression.